ça ira

par chloecharpentier

Non pas celui qui vit sa cause vieillissante
mais celui qui vit sur la jeune voile
assez haute pour voir le monde comme un horizon minuscule
et qui est gardé par l’immensité de l’espace

Là rien ne vieillit
rien n’est signe approximatif
mais netteté sauvage

Ceux-là qui ont domestiqué les crinières
se leurrent dans leur orgueil

Ils doivent harnacher l’indomptable et
indomptables eux-mêmes
quérir le Graal
infiniment
sûr de ne pas le trouver
et pourtant chevauchant toujours

 

 
La moindre parcelle de
trottoir ne doit pas suinter l’essence
des moteurs fous
en vain

Toutes ces coulées
abreuvent leur démon d’hommes
incertains
revanchards éperonnés
comme eux
doubles insensibles aux peaux de porcs-épics

Et l’abri-bus de leurs monotones vies
abritent encore leur ignorance

Mais qu’ils sachent
jamais vainement

Dans l’espoir déterminé de cautériser
leurs cervelles morveuses

Qu’ils rentrent le soir
harassés comme des mules antiques
et qu’ils retournent
à la meule le matin suivant

Qu’ils épongent leurs draps du dimanche
où ils ont vidé leurs sexes gonflés
de la semaine passée
et qu’ils les gonflent à nouveau
le lundi suivant

Que tout cela se passe
et se repasse encore
comme la chemise des soirées festives
chez Monsieur De et chez l’ami familier
où ivres et sans force
ils s’en retourneront chez eux

Eux les forçats de leurs mains propres
salies par leur faiblesse

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